Vivre avec ses ressources

Il y a quelques années, dans un moment où on ne parlait que de la crise, j’ai entendu une phrase :

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« En Europe on parle de crise alors que X % de l’argent des gens est dans les comptes d’épargne. »

 

X étant un chiffre très élevé, cette phrase m’a éveillé à une grande réflexion.

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Vivons-nous avec nos ressources ?

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C’est évident que la peur bloque la circulation et qu’en la bloquant on ne peut qu’aller vers la crise, la pénurie… et plus de peur, plus de crise et plus de crise, plus de peur !

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Cette réflexion s’est poursuivie en observation du monde. En parallèle une autre phrase a déclenché une autre observation :

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« Nous recevons à la mesure de ce que nous donnons. »

Celle-ci je l’ai entendue dans un contexte d’une activité corporelle. C’était de l’accro yoga où en me donnant dans les bras de mon partenaire pour qu’il me suspende en l’air, j’allais recevoir le plein de l’expérience… détente, circulation d’énergie, confiance et bien être. Effectivement, j’ai donné et j’ai reçu !

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Je ne suis pas pour cristalliser et figer les choses. C’est à dire qu’il n’y a pas pour moi une phrase qui s’applique systématiquement à tout. La vie est beaucoup plus surprenante et l’organisation du monde est vivante !

Mais aujourd’hui je rassemble ces 2 phrases dans ce texte et je vous pose les questions :

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Vivez-vous avec vos ressources ? Qu’est-ce que vous donnez dans la création de votre vie ? Et qu’est-ce que vous pouvez en recevoir ?

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Voici vraiment des questions à se poser ouvertement. Il n’y a pas de règles ou de réponses toutes faites qui servent à tous. Il n’y a pas de « il faut être comme ci ou comme ça » ou un jugement derrière tout ça.

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Beaucoup d’entre nous vivons avec peu de nos vraies ressources. Nous finissons par limiter énormément ce que nous donnons dans la vie ou dans l’amour. Et ces barrages sont personnels à chacun car ils sont la marque du passé de chacun.

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Et voilà que les marques du passé font que parfois nos ressources sont inaccessibles

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Imaginez…

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… qu’un jour vous mangez un mauvais truc qui reste coincé entre la gorge et l’estomac… Ça ne descend pas ! Ça fermente, ça veut remonter et ça bouche tout. Ça empoisonne même ! Pendant ce temps-là vous continuez à avoir faim car à l’intérieur de vous c’est encore vide. Vous ne vous sentez pas nourri et vous continuez à chercher à manger par dessus !

C’est impensable, non ?

Si cela vous arrivait vraiment vous iriez vite voir un médecin car c’est impossible de tenir quelques jours comme ça. Et pourtant, vous pouvez tenir des années et des années en ce qui concerne non pas l’alimentation mais les contenus psychiques…

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Dans la vie, il y a des événements traumatisants qui agissent ainsi ! Un trauma c’est un événement qui génère une grosse charge émotionnelle qui ne peut pas être digérée dans l’instant. Cette émotion et énergie restent coincées quelque part en vous (refoulées). Ne pouvant pas être assimilées (probablement que ce serait trop pour l’ego) elles bloquent et empêchent la libre circulation… En gros, vous n’avez pas l’accès à vos ressources, car il y a un truc bloqué ou de travers ! Et il n’y a plus non plus d’équilibre entre le donner et le recevoir.

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Oui, nous limitons aussi bien ce que nous pourrions recevoir… Pas d’illusion là-dessus ! Cette marque du passé attends la réparation du passé, donc nous rend moins disponibles à recevoir autre chose dans le présent…

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En thérapie j’ai souvent l’impression d’aller chercher le passé avec les gens, pour les aider à le digérer… pour que d’une façon sécurisée et sécurisante ils puissent le revivre par petits bouts et que les émotions refoulées repassent dans le « tube digestif » pour être assimilées. Pour qu’enfin les nutriments soient récupérés et les excréments mis dehors.

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C’est une image qui me parle beaucoup car je vois que le processus ne s’agit pas de « se débarrasser de »* mais  « d’intégrer »  de plus en plus notre propre histoire car c’est aussi de là qui sortent notre force, nos qualités, nos apprentissages.

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Le processus thérapeutique travaille pour remettre la circulation. Pour que nous soyons à nouveau aptes aux échanges de la vie ! C’est pour être plus unifié et pouvoir lâcher ce qui n’est pas nourrissant… mais avant ça il y a du tri à faire…

Mine de rien c’est très insécurisant de venir en thérapie pour « changer ».

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Moi je dis : venez pour être complet ! Pour intégrer qui vous êtes et accéder à vos ressources !

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Un exercice analogique : ranger un placard !

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Je vous propose de ranger vos placards de nourriture. Sortez ce que vous avez, nettoyez, remettez en triant et en rangeant. Découvrez ce que vous avez, ce qui vous encombre, ce qui est périmé et le super ingrédient que vous ne saviez même plus que vous aviez. Avec une vision plus claire maintenant : quel plat vous pouvez faire ? Avez-vous de la place libre pour de nouvelles choses ? Ou assez pour manger encore 3 mois ? Cool, il faut moins courir au supermarché !

Regardez vos réels besoins en face ! Et vivez enfin avec votre réalité du moment !

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Tout ce qui est périmé ou caché dans les recoins, vous prend de la place, de l’énergie, réduit votre disponibilité à la vie, au présent et au bonheur !

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Vous pouvez faire la même chose avec votre placard de vêtements…

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Vous pouvez faire la même chose avec vos émotions…

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Et vous pouvez faire la même chose avec votre psyché !

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transformer nos ressources

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A bientôt !

* très souvent les gens veulent se débarrasser d’un symptôme, alors qu’il est la clé de compréhension du dysfonctionnement
3 Comments
  • barbara vogeleer
    octobre 11, 2015

    Merci Leina !!! Super intéressant et éclairant une fois de plus. J’adore la phrase qui résume bien : venez en thérapie pour être complet ! Intégrez qui vous êtes et accéder à vos ressources 🙂 Magnifique !!!

    Gros bisous

  • Sylvie
    octobre 15, 2015

    Félicitations Leina, quel blog superbe et inspirant.
    Vive l’entièreté!
    Pour donner de l’élan aux rangements,
    j’envoie sur ton blog un rire joyeux plein d’air léger de Suisse!
    Sylvie

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