L’enfer, le paradis ou le miroir ?

(inspiré d’un récit d’une consultante)
.Pascale NUBRET Adam et eve

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Mais quel était le relief de cette phrase ? Qu’est-ce qu’elle devrait en entendre ?

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C’est la question qu’elle se posait depuis qu’il avait prononcé cette étrange phrase, en marchant pour la raccompagner chez elle, en cette soirée de dimanche…
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« Quand je ne te verrai plus, je penserai à ces moments-là en me disant que j’ai eu beaucoup de chance de t’avoir rencontré »
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Leur journée, teintée d’un début de relation amoureuse, se finissait… était-ce un « au revoir » déguisé ? ou explicite ?
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Mince ! Plus perdue encore elle fut quand il expliqua « mais ça, c’est ma tendance à voir toujours le côté vide du verre ».

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Bon… cette deuxième phrase était déjà plus familière pour elle. Ça, mieux que personne, elle savait le faire. Donc, elle se contenta de ne rien poser comme question… Elle savait que ce qu’elle venait d’entendre réveillait les démons qui s’étaient endormis pendant tout cet après-midi de flirt… Mais comment était-il possible qu’il puisse voir le côté vide du verre ? En bonne fille rêvant du prince charmant, toute cette journée en sa compagnie la rapprochait plutôt de la plénitude !!!
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Avant que son tapis ne soit complètement tiré sous ses pieds, elle reprit son équilibre (l’image du funambule sur son fil était une de ses préférées ) et poursuivit sa route à partir de ce coin de rue où pour elle, le chemin se poursuivait à droite et pour lui, à gauche.
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Elle a bien respiré pour ne pas regarder en arrière et se rappela d’être une bonne compagnie pour elle-même à tout moment.
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« Que veut-il me dire ? qu’il a de la chance de passer du temps avec moi ou qu’il ne me verra plus ?  ou encore bien d’autres choses qui m’échappent ?…  Ah ces garçons… »
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Elle se remémora le temps de son adolescence extrêmement indépendante où elle pouvait fièrement dire aux garçons qu’elle ne vivait que l’instant présent ! Qu’est-ce qu’elle avait l’air sûre d’elle à cette époque !!!! Irrésistible même !
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Et elle se remémora tout ce qu’elle a dit en thérapie ces derniers temps, à propos de ses carapaces et de sa solitude ancienne (du temps ou elle était bébé) et de son psy qui l’invita à reconnaître le plus profond de sa fragilité et pour pouvoir se soutenir elle-même.
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Mais qui était ce garçon ? Pour lui dire ça, aurait-il aussi des fragilités ? Ou connaissait-il le vrai détachement ?
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Et une fois qu’elle se voyait mieux, qu’elle s’était reconnectée à cette partie profonde et aussi essentielle, elle est revenu à la surface et a senti qu’elle n’avait aucune garantie qu’il reviendrait, qu’elle n’avait pas le pouvoir de lui montrer combien la vie pouvait être cool avec elle ! Et qu’il avait lui aussi sa liberté de s’ouvrir ou se refermer, de reporter à plus tard ou de se dire c’est maintenant !
Elle comprit que son seul pouvoir, si elle en avait un, c’était celui de se reconnecter à sa propre essence. Un pouvoir qu’elle travaillait dur pour l’avoir !!!
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Plus rassurée, elle se rendit compte aussi que, aujourd’hui elle l’aimait, et ce n’était pas une catastrophe. Elle décida de se nourrir de cette énergie amoureuse !
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Mais qui était-il ? Et pourquoi elle l’aimait déjà ??
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Moitié vide du verre… indépendance… détachement… sincérité… transparence… contemplations… rébellion… douceur… insécurité…
Il y avait un déjà vu dans ce qu’elle voyait en lui…
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Mais oui !!! Et soudain elle comprit ! Claire et imposante comme une pleine lune à mi-chemin entre l’horizon et le milieu du ciel, se levait dans sa tête cette certitude :
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Oui, c’est moi que j’aime chez lui ! … eh oui, c’est moi aussi que je n’aime pas chez lui…

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