Méditer

J’ai mis du temps à commencer à écrire cet article en raison du caractère infini de la méditation. La méditation nous met dans le présent et nous donne le goût de l’expérimentation, de l’écoute et de l’observation. Pendant cette longue période d’expérimentation, écrire était passé au second plan. En même temps, l’écriture a toujours été un processus pour moi. C’est la maturation de quelque chose qui a tout d’abord été semé, puis arrosé par l’expérimentation, pour ensuite fleurir, donner ses fruits dans la vie et finalement tomber sur une page !

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Suite à ce processus heureux, me voici aujourd’hui pour vous parler de méditation. Il y aurait tant de choses à dire !

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La méditation de pleine conscience

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La méditation transforme. La méditation n’a pas de fin. Elle nous met dans les cycles éternels de la vie. La médiation n’est jamais aboutie. Une fois on m’a dit « je n’arrive pas à commencer à méditer car je ne sais pas si je suis en train de bien faire ». Je pense que cette question de « bien faire » peut être l’interrogation, voire le blocage de nombreuses personnes. En quoi consiste la méditation ? Que dois-je faire quand je médite ? Est-ce que j’y arrive ? Ce jour-là, j’ai répondu à cette personne que ne pas savoir et chercher le chemin à chaque fois fait partie de l’aventure. Aujourd’hui, dans cet article, on va en parler pour palier à la démotivation qui découle du sentiment de ne pas savoir méditer.

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Pour commencer à méditer, dites-vous que la méditation est un essai perpétuel.  

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Méditer c’est être présent, à l’écoute et à la découverte de cet instant. Vous découvrirez à chaque fois le dedans et le dehors. C’est en ça que consiste l’aventure. À chaque fois elle sera nouvelle et différente de la précédente ou de la fois où « vous avez réussi », car à cet instant précis, vous êtes un être à redécouvrir. Et dans cette découverte de tous les jours, tout est matière à exploration. Et tout est intéressant !

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Méditer présente un certain inconfort car ça signifie s’arrêter et s’écouter sans agir et sans analyser. Or combien de temps par jour passons-nous à ne rien faire, ou à ne rien analyser ? Pour beaucoup d’entre nous, ce n’est pas possible et c’est justement ça qui peut être effrayant dans un premier temps lorsqu’on choisit de méditer seul. Vous pouvez aussi choisir de méditer en groupe. La présence d’un groupe aide aussi bien à commencer qu’à maintenir une pratique régulière. C’est très puissant de cultiver les énergies de pleine conscience et de paix à plusieurs ! Cela dit, revenons à la pratique individuelle car nous sommes là aujourd’hui pour la démystifier et profiter de son accessibilité. Bien que ce soit merveilleux de méditer en groupe, c’est aussi quelque chose que vous pouvez faire facilement seul et n’importe où. C’est une pratique à la portée de tout le monde, ça ne demande ni outil, ni argent, juste votre volonté, et c’est si bénéfique, pourquoi s’en priver ?

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Prenez une grande respiration. Sentez l’effet de ces premières lignes sur vous… Respirez. Prenez quelques instants pour entendre les mots qui se réveillent dans votre tête à la lecture de ces phrases. Respirez… Éprouvez-vous une émotion ? De l’euphorie, du calme, du rejet, de l’impuissance, de la curiosité ?

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Respirez encore et continuons !

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Méditer c’est ça ! C’est se rendre davantage disponible au moment, prendre conscience de ce qui se vit intérieurement et le laisser se vivre. C’est aussi ne pas interrompre ce que vous vivez ou ressentez par un jugement.

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Pour beaucoup d’entre nous, ce n’est pas habituel de prendre ce temps de ressentir sans agir. Comme ce n’est pas non plus très habituel d’être dans le présent. Même si le passé n’existe plus et le futur n’existe pas encore, même si nous n’avons vraiment que le présent et que c’est notre seule possibilité, il est peut être incroyablement difficile de l’habiter. La bonne nouvelle c’est que cela s’apprend et la pleine conscience est une très bonne école.

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La vie en pleine conscience et/ou la méditation assise.

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Être en pleine conscience peut se faire partout et à tout moment. Quoi que vous fassiez et où que vous soyez vous pouvez toujours vous mettre à écouter les sons environnants, à sentir toutes vos sensations corporelles, à sentir vos pas au sol si vous marchez, à sentir vos états émotionnels déclenchés par une situation ou une personne. Tout cela vous met en contact avec l’instant présent, là où vous êtes, là où la vie se déroule. Être en pleine conscience, c’est être dans la vie, simplement, et composer avec elle à chaque instant.

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Alors pourquoi s’asseoir et méditer ?

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Boudha village des pruniers.

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Le rituel de la méditation assise va vous aider à apprendre cette écoute par l’expérimentation et à l’installer petit à petit dans les autres moments de votre vie, et ce, sans même vous en rendre compte. Le fait de s’asseoir, de définir une durée, et de mettre un réveil, de méditer jusqu’à ce qu’il sonne et de recommencer le lendemain en maintenant une régularité est très puissant. À lui seul, ce rituel quotidien a déjà d’innombrables bienfaits. J’y reviendrai.

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Si vous avez envie de commencer à pratiquer la méditation et que vous ne savez pas comment faire, commencez par choisir un moment de la journée propice et une durée qui vous semble réalisable. Asseyez-vous confortablement, réglez votre réveil selon la durée choisie et méditez jusqu’à ce qu’il sonne.

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Pourquoi cette forme de méditation ?

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Pour toutes les difficultés que j’ai citées plus haut ; le fait d’établir un cadre peut aider à commencer et à vivre la pratique un certain temps avant de tirer des conclusions.

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Donc, sur la forme…

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Etre assis et en silence

 

Méditer ce n’est pas dormir ou décrocher de la réalité. Au contraire, c’est contempler le présent. Pour rester éveillé il est préférable d’être assis plutôt qu’allongé. De plus, la colonne vertébrale érigée est un symbole de présence et d’éveil. Si vous avez mal au dos, préférez vous asseoir confortablement sur une chaise. Vous pouvez choisir une position n’entraînant pas d’inconfort physique. En revanche, si au bout d’un moment vous sentez un inconfort, ça peut être intéressant de le vivre, de ne pas bouger tout de suite afin de pouvoir le ressentir et de découvrir vos réactions face à cette expérience. Il existe des méditations totalement immobiles. Ici, ce n’est ni une obligation ni un but, mais c’est intéressant de vivre la rencontre si elle se présente. Si vous choisissez une courte durée (par exemple 10 minutes), vous pourrez vous permettre de sentir la gène occasionnée par votre position et mieux vous connaître, afin d’apprendre de vos réactions, et même de mieux choisir votre position par la suite. Ne pas bouger a ses bénéfices. Avec le temps, ça vous apprend à faire face à l’inconfort de manière plus calme et à faire vos choix plus consciemment. Cela dit, ça peut aussi être confortable et paisible du début à la fin !

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Pourquoi le silence ?

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Pour entrer à l’intérieur de soi, pour mieux sentir, pour écouter les pensées, pour changer de fréquence, pour percevoir les émotions, pour commencer à affiner les sensations dues aux interactions entre l’extérieur et l’intérieur, pour mieux entendre un chant d’oiseau en pleine ville, etc. Ou tout simplement pour le savourer !

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Le silence calme, le silence guérit, le silence enseigne. Le silence comporte d’innombrables vertus. Il existe des livres entiers et des pratiques entières sur ce thème. La voix de quelqu’un donne un chemin à la méditation, la musique peut créer une atmosphère ou déclencher une émotion, le silence vous livre à vous-même et à ce qui est. Chaque forme de pratique a ses bénéfices.

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Mettre un réveil

Choisissez la durée pendant laquelle vous allez méditer. Soyez réaliste (et gentil avec vous-même). Commencez par une durée qui vous semble réalisable, qui vous correspond et que vous allez pouvoir inclure dans votre quotidien. Si vous pratiquez régulièrement, même une pratique de 3 minutes par jour est bénéfique. Nous parlerons de régularité plus loin. Mais il se peut aussi que vous ayez besoin d’un long moment pour expérimenter votre méditation. Faites votre choix et autorisez-vous à le vivre plusieurs jours d’affilée.

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Mettre un réveil est un moyen de ne pas devoir réfléchir à la durée de votre méditation pendant que vous méditez. Ça va vous éviter de vous retrouver à juger votre méditation comme étant bonne ou mauvaise, suffisante ou insuffisante, réussie ou non. La décision a été prise avant, vous êtes libéré de ça. Et vous allez pouvoir être satisfait d’avoir tout simplement accompli le temps voulu. C’est largement suffisant.

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Méditez jusqu’à ce que le réveil sonne

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Nous pourrions parler longuement de ce sujet, car cela va faire travailler de nombreuses choses en vous. Tout d’abord, le rapport aux sollicitations, tant extérieures que mentales. Tout semble plus urgent que la méditation. Il est possible qu’en vous asseyant sur une chaise et en fermant les yeux, vous commenciez à penser à tout ce que vous avez à faire de plus important. Le sentiment de perdre du temps, ou que certaines choses ne peuvent pas attendre, ou encore que vous devez rester présent pour certaines personnes… C’est faux la plupart du temps ! Il peut y avoir un nombre déroutant de sollicitations de votre mental. Ne pas y céder, rester présent et fidèle à votre démarche est très important et représente beaucoup. Ça vous permet d’établir petit à petit un lien fondamental avec vous-même. Ça tisse le tissu de votre légitimité dans le fond de votre inconscient et inscrit en vous le fait que vous êtes plus important que tout (et surtout, que la première sollicitation venue). Cela inscrit aussi que votre choix a sa place, que tout ne doit pas passer avant. Et à mesure que cette légitimité s’installe, vous aurez un meilleur discernement. Il est clair que si vous sentez une odeur de brulé, vous pouvez quitter immédiatement votre méditation. Mais pour discerner à nouveau ce qui est une priorité ou non, les minutes pendant lesquelles vous ne répondez à aucune sollicitation sont guérisseuses !

Calmer le sentiment d’urgence. Retrouver le discernement.

Accrochez-vous et persévérez !

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Et la régularité

Sans régularité, les bénéfices de la méditation seront limités. C’est comme faire du sport une fois par an. C’est mieux que rien, ça procure une sensation de bien-être, mais c’est également difficile car vous êtes rouillé ! Ca ne fait que vous montrer combien ce serait mieux d’en faire plus souvent. La méditation est similaire à la différence, qu’il s’agisse d’un entraînement du cerveau, de la concentration, de l’écoute, du sentir et de la présence. En pratiquant tous les jours, vous constaterez que ces qualités se développent en vous, tout comme le sport permet, avec une pratique régulière, de sentir une différence au niveau du tonus musculaire et de la santé globale.

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Toute pratique vous apprendra des choses sur vous-même au fur et à mesure que vous vous engagerez avec elle. La première semaine de méditation sera une découverte. Le deuxième mois vous amènera de nouvelles surprises. Et la deuxième année… toujours et encore ! La durée vous enseigne des choses que vous n’auriez jamais imaginées. Chouette ! Comme je vous l’ai dit plus haut, ce n’est jamais acquis, ça se renouvelle, se redécouvre et s’approfondit. Et la bonne nouvelle, c’est que ça peut devenir simple et rester un plaisir. Avec le temps il est possible que vous soyez suffisamment convaincu par les bienfais pour ne plus contester la discipline que cela demande !

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Petit conseil

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Il est plutôt conseillé de commencer à pratiquer la méditation quand vous allez bien. En asseyant votre pratique dans la régularité quand vous êtes en forme moralement, vous pourrez compter sur elle dans les moments difficiles. Un point important de la régularité est l’appui que vous pouvez y trouver si vous traversez soudainement une tempête. Le fait d’avoir installé cette pratique dans votre quotidien vous donne un port d’attache, un socle, une façon de retrouver votre verticalité pendant un tremblement. Dans ces moments troubles, il est précieux de savoir que vous pouvez compter à la fois sur une pratique et sur vous-même, puisque vous êtes le maître à bord de la pratique. Le sentiment de pouvoir faire face à l’adversité et l’estime de soi qui s’y cache n’ont pas de prix. Ils nourrissent la force et la solidité intérieure.

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On a un peu anticipé sur les bienfaits mais…  Que fait-on pendant la méditation ?

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Les sens

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Il existe de nombreuses techniques de méditation. La pleine conscience, comme l’expression l’indique, consiste à tenter d’agrandir sa conscience pour qu’elle soit pleine. C’est devenir conscient de tous les éléments qui composent le moment présent. Pour cela les sens sont fondamentaux. Nos sens nous permettent de nous connecter rapidement à l’ici et maintenant. Vous pouvez voyagez à travers votre corps en sentant tout ce qui se présente à vous : la position assise, les pieds au sol, les sensations dans le dos, la sensation de faim ou de ventre plein, les muscles crispés, la température du corps, de la pièce dans laquelle vous êtes installé, etc. Vous pouvez tenter de ressentir plus finement les sensations de chaque partie de votre corps et vous en amuser… Vous pouvez utiliser le sens kinesthésique pour revenir dans le corps et dans le présent à chaque fois que vous vous rendez compte que vous êtes parti ailleurs. C’est un moyen simple, direct et à la portée de chacun, pour ré-aterrir en cas de vol. Et au fur et à mesure que vous allez le pratiquer, ça peut devenir un outil permettant de contrer les angoisses vécues quand le mental vous amène dans des situations qui n’ont pas lieu, dans des fantasmes de conflit qui ne sont pas réels. Respirez et atterrissez ici, dans votre corps !

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Des sens, vous en avez 5 et vous pouvez en abuser, sans contre-indication. L’odorat, l’ouïe et le sens kinesthésique sont les principaux sens dans la méditation assise. Mais, le goût peut être utilisé pour manger en pleine conscience et passer un magnifique moment avec votre repas. Et la vue ! Quel régal d’ouvrir les yeux et de voir les couleurs en pleine conscience !

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Les sens sont donc toujours un moyen de vous amener dans le présent, où que vous soyez !

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La respiration

Il existe de nombreuses techniques de méditation qui se concentrent sur la respiration. Celle-ci est une valeur sûre pour revenir à l’essentiel. Non seulement elle vous connecte au présent comme elle vous remet en mouvement. Imaginez que vous commencez à être bloqué sur une pensée insistante, qui vous crispe le front, qui vous transporte je ne sais où et, sans que vous vous en rendiez compte, vous coupe d’ici et de la vie réelle. Une bonne respiration (voire 2 ou 3) vous permet de commencer à revenir dans le présent, à prendre du recul, à voir plus grand, plus clair, à vous calmer… à vous mettre à nouveau en mouvement, sans stagner et rester bloqué dans cette pensée.

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Respirer c’est la vie. Je ne pourrai jamais vous expliquer tous les bienfaits de la respiration. Ils sont infinis. Je vous invite à les découvrir et à vous réjouir de pouvoir vous appuyer sur quelque chose de si simple, de si fondamental, et à revenir me raconter vos découvertes.

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Que puis-je faire de mes pensées ? L’inclusion.

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Christophe André dit « la tête est une machine à penser, elle ne va pas s’arrêter ! » ouf, quel soulagement de l’entendre ! Et quelle lutte sans fin celle de vouloir arrêter de penser. Bien entendu, les moments vides de pensées sont très agréables. Ils sont une grande ressource pour le système nerveux et immunitaire. Ils nous renouvellent, ils nous calment. Mais ne nous fixons pas à arrêter de penser, car cela peut entraîner une lutte vouée à l’insatisfaction. Je ne sais pas s’il est possible d’arrêter de penser. Pour ma part, je pratique plusieurs choses quand je suis prise dans le tourbillon de la tête. La première est de respirer et de sentir. À travers la respiration, nous incluons le reste. C’est-à-dire que la pensée existe, mais nous ne sommes pas uniquement cette pensée, nous sommes aussi un corps. Et y a-t-il de l’émotion dans ce corps à cet instant ? Comment circule-t-elle dans ce corps ? En prenant conscience du corps, de la respiration, de l’émotion qui est présente, de notre énergie telle qu’elle est à cet instant nous commençons à être plus que la pensée. En incluant tout ce qui existe, nous sortons de l’étroitesse et de l’angoisse de la pensée insistante. Nous nous reconsidérons dans notre complexité et dans notre grandeur, l’énergie circule à nouveau. Ça rassure, ça ouvre la conscience et nos ailes.

Au lieu de lutter contre une pensée, respirez et incluez tout le reste. Toujours en respirant.

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Au fur et à mesure, cette pratique nous permet également de devenir conscient de la nature de nos pensées et de ce qu’elles racontent de nous, sans pour autant être embarqué dedans. Nous nous habituons à ce que les pensées soient là sans nous déstabiliser car nous sommes plus qu’elles et nous pouvons nous appuyer sur une base qui est notre corps et notre être entier.

J’y reviendrai plus tard sur un article dédié à la complémentarité entre thérapie et méditation.

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Alors, prêtes et prêts pour commencer ?

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Pour vous inspirer, je vous laisse une image des Boudhas au Village des Pruniers !

 

Boudhas village des pruniers

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Pour l’histoire personnelle…

Il y a à peu près 2 ans, j’ai décidé de faire un pari avec moi-même. La graine de la pleine conscience avait été semée en moi par la connaissance de Christophe André. Par la suite, j’ai vu une émission dans laquelle Mattieu Ricard donnait son cerveau à étudier. Ils disaient qu’un mois de méditation de pleine conscience, à raison de 30 minutes par jour, provoque un changement dans le cerveau. Quelques jours ou semaines plus tard je me décidais à méditer tous les jours pendant un mois. Aujourd’hui, je ne compte plus les jours, ni les bienfaits de cette expérience ! Je ne veux plus m’arrêter, mais continuer à l’approfondir et à la partager, pour que les bonnes informations comme les bonnes graines circulent dans l’air… pour que notre chaleur humaine et notre soutien mutuel permettent à ces mêmes graines de pousser et pour que nous puissions tous contempler les belles fleurs que nous mettons au monde, ainsi que goûter les bons fruits de nos actions motivées par la paix et la pleine conscience.

 

Bonne année 2018, en paix !

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