Les 2 niveaux de la relation à l’enfant intérieur

La relation à l’enfant intérieur est quelque chose de plus dynamique que ça en a l’air. C’est pour cela qu’aujourd’hui j’amène cette notion de 2 niveaux de relation.

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C’est vrai qu’en thérapie, souvent je rencontre des personnes qui ont lu ou entendu parler sur le sujet et qui sont à la recherche de leurs propres blessures. Parfois cela devient presque quelque chose de mathématique. C’est normal de vouloir comprendre quelles sont ses blessures pour pouvoir s’apporter le soulagement et chercher la guérison.

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C’est le premier niveau.

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Pour résumer l’enfant intérieur et aider la compréhension de l’article : on dit que c’est la partie en nous qui porte les blessures du passé.

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On a dans des livres des exposés avec des tableaux* qui expliquent :

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Blessure Besoin affectif correspondant
L’abandon La sécurité
Le rejet L’accueil
La non-reconnaissance La reconnaissance
La maltraitance La bienveillance
L’humiliation Le respect
La trahison L’authenticité
L’injustice L’Equité

.*extrait du livre « vers l’amour vrai » Marie Lise Labonté, éditions Albin Michel 2007

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Cela peut être utile. Et j’y reviendrai probablement vous le détailler dans un prochain article.

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Ce que j’aimerais transmettre aujourd’hui c’est que pour créer une bonne relation à l’enfant intérieur il est important autant d’entrer en contact avec les blessures du passé que de créer et investir une écoute et une souplesse au quotidien.

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Je m’explique…

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Au début c’est souvent le passé qui frappe à notre porte, à travers les répétitions.

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Ces répétitions sont de bonnes pistes pour nous aider à nous comprendre. Elles nous renseignent sur notre façon d’entrer en relation avec le monde. Sur comment nous nous protégeons et ce que nous voulons éviter à tout prix. En nous montrant ce qui nous blesse aujourd’hui, elles nous amènent à ce qui nous a blessé dans le passé et à comment cela nous a construit.

Par exemple : Je comprends que j’ai vécu de l’abandon à l’enfance et je décide d’entrer un peu plus dedans pour mieux connaître cette blessure! Je l’investigue, je me permets de sentir cet abandon. Je peux me poser certaines questions comme…

  • Selon l’âge ou les âges auxquels je l’ai vécu, quelles sont les impressions laissées ?
  • Est-ce que le langage était déjà présent et j’en ai tiré des conclusions mentales toute de suite, ou est-ce que c’était uniquement, au départ une impression corporelle, une peur, une solitude ?
  • Comment est-ce que je me suis développé à partir de ça ?
  • Est-ce que je me suis coupé des relations et j’ai gardé une grande distance avec les gens ? Est-ce que j’ai trouvé quelqu’un avec qui fusionner et j’en suis devenu dépendant ?
  • Est-ce que je me sens obligé d’être toujours gentil pour ne plus jamais risquer d’être abandonné ? Est-ce que j’abandonne avant d’être abandonnée ?

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Voilà, le premier niveau de relation aux blessures de l’enfant en nous. Ce travail est précieux. On n’a pas besoin de se pencher dessus si on n’a pas une vraie demande, mais en général il se passe toujours des choses dans notre présent qui sont en lien avec cette façon dans laquelle nous nous sommes développés. Et quand cette façon est inconnue de nous, cela peut nous enfermer dans une réponse conditionnée au passé et pas forcément à ce qui se vit dans le présent. Cela peut donner une terrible sensation de subir la vie.

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Cette investigation de ce premier niveau, qui est déjà immense, c’est ce que font souvent les gens en analyse.

Dans une vision holistique, je travaille pour que cette investigation soit au plus complète. Ecouter comment le corps raconte cette histoire, est d’une très grande force, car ça ramène une bonne connexion à soi, des pistes concrètes ainsi que beaucoup de réconfort.  Entrer en contact avec les émotions qui n’ont pas pu être traitées dans le passé, est un autre moyen de connaître et démystifier cette histoire. Se prêter à les sentir plutôt que de se blinder, et par le fait même les faire circuler, ça amène une grande sécurité intérieure à la longue. La possibilité d’être détendu face aux émotions désagréables, donne un sentiment d’être plus en possession de soi-même.

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L’histoire devient complète et précieusement aidante quand elle est considérée à tous ses niveaux : mental, corporel et émotionnel.

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En travaillant ainsi, vous vous réappropriez votre histoire, votre légitimité d’être. Car vous dégagez du sens à ce que vous vivez, à ce que vous sentez. Vous faites le pont entre ce qui vous avez créé à l’extérieur de vous (dans vos relation par exemple) et ce qui est à l’intérieur de vous.

C’est à la fois un grand travail, à la fois un point de départ ! Et c’est le début d’une nouvelle vie !

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Le deuxième niveau c’est que cet enfant intérieur au quotidien n’a pas forcément besoin d’une réponse systématique. Il a besoin d’une vraie relation authentique et dynamique.

Je m’explique…

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Si je reprends le même exemple. Ma blessure c’est l’abandon. Le remède à l’abandon c’est la sécurité. Vais-je trouver un système (et toujours le même) pour me donner cette sécurité manquante ?

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La vie est mouvement et elle viendra toujours vous titiller et réveiller une partie blessée de vous.

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Maintenant que vous savez qui vous êtes, génial ! Quand une blessure est activée, que faites vous ? Oh malheur !… souvent une réponse systématique, sans une vraie écoute, ne sert pas beaucoup !

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Donc, allez-y, plongez !

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D’abord, quel est le signal d’alarme ? Le corps ? Une émotion ? Qu’est-ce qui se passe ? C’est le même enfant blessé dont vous connaissez bien l’histoire ? Qui est en train de vous parler ? Quelle est la facette de l’enfant qui se présente ? Qu’est-ce qu’il vous demande ?

C’est le 2è niveau.

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C’est que parfois selon ce qui est activé en nous, la réponse à donner est différente.

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En ce qui concerne l’enfant, il se peut que la demande soit de le prendre dans vos bras comme si vous preniez un nouveau-né qui a besoin de douceur, de réconfort sensoriel, pour retrouver la sécurité. Ou bien, que ce soit une partie de vous qui demande une explication, comme un enfant de 5-6 ans qui comprend bien les choses et qui a besoin d’une franche conversation avec vous pour retrouver la sécurité. Ou encore une partie de vous qui vous teste et vous demande des limites. Encore une autre façon de se sentir à nouveau en sécurité.

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C’est en ça que la relation est dynamique ! C’est comme avec un enfant vivant. Tous les jours c’est la surprise et cela demande d’être là, dans un vrai lien !

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Est-ce possible de vivre l’enfant intérieur comme une partie qui a à la fois sa particularité, son essence et ses blessure, et qui évolue au quotidien vous sollicitant de différentes façons ?

Je parle de 2 niveaux de relation, mais ils ne sont absolument pas linéaires. Ce n’est pas d’abord l’un puis l’autre. Ils se complètent ! Et l’un enrichit l’autre. Les découvertes au quotidien enrichissent la connaissance de votre passé, les connaissances du passé enrichissent votre présence au quotidien. Et tout cela oeuvre dans la connaissance et l’amour de soi !

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N’oublions pas la beauté d’un enfant heureux ! Oui, c’est la partie de nous qui porte les blessures, et c’est aussi la partie pure. Apaisée, bientraitée, elle ne cherche qu’à rire et à s’émerveiller devant la vie !!!! Elle fait aussi notre trésor profond !

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Prenons soin de notre enfant intérieur et soyons dans la vie avec notre trésor !

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les 2 niveaux de relation à l'enfant intérieur

 

 

9 Comments
  • barbara vogeleer
    octobre 21, 2014

    C’est magnifiquement bien dit et très éclairant !! Merci Leina
    Très gros bisous

  • Deplanque
    octobre 21, 2014

    Merci Leina pour cet enseignement
    Pour moi,tout repose sur l’écoute et l’observation personnelle.
    Je pense que les blessures handicapent et empêchent vraiment d’être dans la vie et qu’il est parfois difficile de regarder nos freins de vie.
    Un exemple: Je dois rédiger un écrit que je dois rendre après m’être inscrit à l’université. J’ai 49 ans. J’ai ou je crois avoir des difficultés pour rédiger en français.
    Alors c’est tout mon passé qui remonte, fait de souffrance en cours de français du primaire à la terminale. Dés que je dois rédiger,j’ai peur de ne pas réussir à exprimer mes idées sur le papier et je pense que les autres font mieux que moi., Aujourd’hui,j’ai repoussé le travail au lendemain.
    Il y a des peurs et j’ai à écouter ses peurs et cette sensation de lourdeur et de difficulté.
    Voilà mon témoignage
    Alain

    • Leina
      octobre 22, 2014

      Merci Alain,
      Oui l’écoute est fondamentale et c’est le point de départ. Sentir l’émotion, identifier le besoin derrière et avoir de l’humilité pour chaque fois que la blessure réapparait d’une autre façon, c’est quelque chose qui à longue permet vraiment de séparer le passé du présent, de mieux identifier ces handicaps. La répétition vécue avec cette authenticité crée de la fluidité plutôt que du « blindage ». Et la présence à soi apaise…
      Bonne vie ! A bientôt

  • anne
    octobre 22, 2014

    j’aime bien ton texte sur l’enfant et ses blessures…

    nous sommes tous des enfants blessés d’une façon ou d’une autre.

    il est très important de comprendre, et
    prendre en considération cet aspect de nous-même.

    merci pour ce beau texte !

    bonne continuation
    bises

  • Holie Isabelle
    octobre 31, 2014

    Merci Leina pour cette clé de compréhension de la « blessure » …. Je cherchais et tu me l’envoies à point nommé.
    Pour Alain, l’école française n’est pas toujours le lieu où on a su nous dire « Bravo super continue » …. L’écriture automatique, le théâtre de l’absurde nous autorise à penser et dire autrement que de manière académique ! je suis repartie sur les bancs de l’Université à 46 ans et je me donne cette liberté : nous progressons tous individuellement et collectivement.
    Bonne chance à toi

  • Jérémy
    mars 31, 2015

    Sympathique la photo de l’enfant qui saute ! Bravo Leina.
    Jérémy

  • Karine
    juin 19, 2017

    Découvrir et soigner mon enfant intérieur ça été la chose la plus précieuse de mon chemin dans le développement personnel. Merci pour cet article.

  • Andrea Simon
    juin 20, 2017

    Une agréable lecture. Merci

  • Michael B
    décembre 21, 2017

    Merci pour cet article !

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