Comment choisir parmi les diverses façons de travailler sur soi ?

C’est un art dans la collaboration thérapeute-patient de partir d’un besoin ou d’une problématique et de choisir ensemble le mode et le rythme d’un travail qui sera soutenant aussi bien pour le patient que pour le thérapeute, qui se doit de garder une pleine disponibilité pour son patient.

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Entre les possibilités de travail en groupe ou en individuel, des stages ponctuels, des rencontres hebdomadaires ou plus espacées dans le temps, qu’est-ce qui va maintenir les personnes à la fois mobilisées dans une recherche, tout en préservant leur sécurité ? C’est-à-dire, pas dans un submergement émotionnel décourageant. Qu’est-ce qui va permettre l’inconscient de se déployer dans les séances et entre les séances ?

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Cherche thérapie  .

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Oui, c’est un art ! Comme c’en est aussi un autre de pouvoir vivre une thérapie qui ne fige pas l’individu dans quelque chose de systématique, et qui peut se réajuster à tout moment, tout en gardant un cadre cohérent.

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Pour ce début d’année, avec le lancement des activités du trimestre, j’ai choisi d’écrire sur mes différentes façons de travailler. Chacune a un sens, des points forts et des point faibles.

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Cet article s’appui sur ma pratique en tant que phénothérapeute, mais aussi en tant que patiente et consommatrice de stages, de formations et de thérapies diverses. Il va vous aider à choisir, à vous situer ou à vous réajuster.

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En premier lieu et pour avoir fait beaucoup de stages, j’affirme qu’il n’y a rien qui remplace un travail suivi et personnalisé. La plupart de nos bobos se guérissent à l’intérieur de la relation thérapeute-patient, puisque que c’est l’endroit où toutes nos facettes peuvent se présenter et être vues avec un regard curieux, accueillant, ouvert, bienveillant.

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De l’ouverture et du suivi pour retisser le fil conducteur de votre vie

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Les jugements bloquent les changements. Il faut de l’ouverture pour que le cerveau trouve des solutions, pour que les choses se débloquent à l’intérieur de vous. Et cela se passe dans la continuité. Votre inconscient vous aide vraiment quand vous vous engagez dans un travail continu, car il pourra ainsi explorer des pistes de guérison, faire remonter des contenus inconscients à la conscience dans un rythme respectueux de votre psyché, de votre vie quotidienne et surtout, les intégrer au fur et à mesure. Votre inconscient qui peut être très actif pendant la séance, continue à travailler entre les séances, prépare la suite, entrant dans une dynamique porteuse d’éclaircissement. La conscience grandit petit à petit !

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J’ai tendance à vivre la thérapie comme un jeu de puzzle. Au départ, les gens arrivent avec des questions et avec des pièces. Ensuite, l’inconscient commence à donner d’autres pièces et on prend le temps (et le courage !) de les découvrir ensemble. On cherche quelle est leur place, ce qu’elles nous montrent. Parfois, quand quelques unes de ces pièces se rassemblent, il y a une image plus complète qui se dégage, qui se fait comprendre et qui nous aide pour la suite. Ce qui découle du rassemblement des pièces de votre vie est précieux car il est porteur de sens, il vous aide à comprendre comment vous vous êtes construits. C’est très apaisant. Oui, aussi bizarre ou pénibles que les découvertes puissent paraître, c’est quand même très apaisant ! Car c’est souvent le non-sens qui est générateur de culpabilité, confusion, angoisse et répétition.

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Il y a des images du puzzle qui évoquent de fortes émotions. Il y a des émotions qui amènent à des découvertes. Au fur et à mesure, ce qui fait mal, mais qui trouve sa place dans l’ensemble, peut enfin commencer à être démystifié, à se transformer, à être vécu autrement.

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Ce puzzle est un jeu sans fin, car la vie continue de nous présenter toujours et encore de nouvelles pièces qui se rajoutent et vont faire écho ou pas avec les pièces du passé. Une fois que nous nous entraînons à y apporter notre compréhension, et que nous avons ce meilleur rapport avec les émotions, il devient plus aisé de continuer à jouer, on peut même s’y amuser !!

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le puzzle de la psyché – ombre et lumière

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Je vais parler des 4 types de propositions que je pratique en ce moment, comment je les envisage et quelles sont leurs fonctions.

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Les rencontres hebdo pour le mouvement corporel, en groupe : 

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Ces rencontres ont pour base ma formation en MLC.

C’est avant tout, une rencontre avec votre corps, une école de l’écoute et de la présence

La forme :

C’est un engagement pour un trimestre donc une pratique qui va s’étaler dans le temps. Ceci vous donne un moyen de vivre et de sentir l’évolution en douceur, semaine après semaine.

L’effet :

Le travail va se jouer à plusieurs niveaux.

Au niveau physique, il peut y avoir un changement du tonus musculaire par des tensions qui lâchent et des zones du corps qui sont invitées à bouger différemment.

Le corps se détoxine au fur et à mesure. On remarque un rééquilibrage du système nerveux, l’amélioration du sommeil, le soulagement de douleurs physiques, la régulation de l’appétit et tout autre symptôme qui peut être le moyen d’expression d’un déséquilibre.

À un autre niveau, vous êtes amenés à construire et à cultiver une nouvelle relation avec votre corps et avec vous-même. Le fait de venir toutes les semaines, de vous poser pour écouter ce langage du corps, de suivre la piste de vos sensations, de répondre à vos besoins une fois qu’ils sont mieux identifiés favorise la collaboration entre le corps et l’esprit. Vous vous appropriez votre monde intérieur, vous êtes plus en paix avec les messages qu’il vous envoie.

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Cette écoute favorise aussi la présence aux aspects plus inconfortables de vous-même et par le fait même, vous aide à être plus en sécurité car vous ressentez moins le besoin de les fuir ou de les refouler. C’est ainsi que cette pratique peut nourrir la sécurité intérieure, la confiance en soi, la présence à ce qui est.

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Vous vous laissez guider et à la fois vous êtes acteur de votre mouvement. Vous pouvez doser votre mouvement selon vos réactions. En cela, c’est un vrai dialogue avec le corps.

Ces rencontres ne sont pas une thérapie de groupe. Elles sont plus proches d’une méditation active axée sur le corps, avec la conscience que le corps et la psyché sont liées. Elles peuvent aussi bien être vécues comme un travail de fond, un complément à un travail psychothérapeutique ou une relaxation.

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Points forts : l’intégration et l’ancrage des nouvelles habitudes à travers la régularité. Toutes les améliorations au niveau physique ( ouverture de la respiration, libération des toxines, relâchement des tensions et meilleur tonus, régulation de l’appétit et du sommeil, etc.)

Points faibles : ne remplace pas une thérapie complète où l’individu, à l’aide du thérapeute connecte le langage corporel au langage de la psyché et de ses émotions et entre dans une compréhension plus profonde de qui il est, de son passé à partir de son présent.

 

Les ateliers thématiques en groupe :

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La forme :

C’est un nombre de personnes qui se retrouvent ensemble dans un espace de temps autour d’une thématique proposée. En général, l’inconscient commence à préparer le travail dès l’inscription. Si la personne a senti un appel pour le thème présenté, c’est que ça a pu toucher un contenu latent chez elle. C’est ce contenu, plus ou moins conscient, qui va s’inviter au rdv !

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L’effet :

En général c’est puissant car c’est un concentré !!! Supposons que ce soit un travail de 3 jours. Ce groupe de personnes réunies pendant 3 jours qui vont chercher ensemble, résonner aux exercices, se laisser surprendre, être touchés par les uns par les autres, voir des facettes d’elles-mêmes chez les autres, avoir la possibilité de découvrir des zones non connues chez elles et mettre cette énergie en mouvement.

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Cela peut secouer, créer de grands mouvements, donner de la matière pour la suite.

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L’intégration peut être difficile. Elle n’est pas toujours à la mesure des découvertes. Car comme j’ai dit, c’est un concentré et c’est intense. Parfois après les stages les gens peuvent se sentir désemparés et seuls en revenant dans leurs vie normales en ayant du mal à mettre en pratique ce qu’elles ont découvert d’elles pendant le stage. Souvent l’atmosphère créée dans le groupe, l’authenticité qui y est permise n’est pas forcément retrouvée à l’extérieur. Ce qui était un peu plus facile de mettre en pratique dans le groupe, ne l’est pas forcément à l’extérieur car dans le groupe il y a au moins un intérêt, une intention ou une prédisposition commune et le thérapeute qui soutient.

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C’est le décalage entre l’intensité et le retour à la réalité qui peut être parfois mal vécu.

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Points forts : l’intensité, la quantité d’information en peu de temps, la richesse des échanges entre les participants favorisant les prises de conscience et le soutien de l’inconscient du groupe.

Points faibles : l’intégration et la cohérence pour l’inconscient.

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Les rencontres du samedi, en groupe :

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La forme :

Une fois par mois. Ces rencontres sont une occasion de vivre du mouvement sans s’engager pour tout un cycle. Du coup, on rallonge le temps de la séance sur toute l’après-midi pour pouvoir s’installer dans l’écoute du corps et aller un peu plus loin…

Comme il n’y a pas d’engagement, vous pouvez venir à la dernière minute pour évacuer quelque chose qui vous habite, mais aussi pour vous relaxer, vous ressourcer ou parce que vous aimez ce type d’activité, en contact avec l’inconscient.

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L’effet :

Cela peut être plus ou moins fort selon l’énergie du groupe, selon votre implication.

Les rencontres s’appuient sur l’énergie du groupe, les synchronicités et nourrissent la spontanéité et la confiance en notre capacité de transformation.

Ce type de pratique est davantage un complément ou une expérience ponctuelle qui peut être en accord avec vos besoins du moment : détente corporelle, bienveillance, ressourcement, méditation ou toute sorte d’adjectif que vous pouvez trouver dans l’activité et qui vous nourrit.

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Cela ne remplacera jamais un travail suivi, mais a ces bienfaits ponctuels de nettoyage, ressourcement, prises de consciences…

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Points forts : permet d’évacuer, de transformer des états, de vivre beaucoup de mouvements en peu de temps, de redonner du punch ! Beaucoup de liberté.

Points faibles : le suivi thérapeutique.

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Les séances individuelles :

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C’est de loin, pour moi ce qui permet vraiment de se construire. Et cela condition d’avoir trouvé un thérapeute de confiance avec qui vous allez pouvoir vous déposer un certain temps pour pouvoir approfondir.

La forme :

Pour ma part, je demande 3 premiers rdv avant que l’on puisse décider de travailler ensemble ou non. Cela permet autant au patient qu’au thérapeute de s’installer petit à petit dans la relation, de voir ce qui se passe entre les rdv, s’il y a de la confiance et l’envie de continuer. La pratique montre que sans ces 3 rdv, il peut y avoir une tension si le patient vit une anxiété et aimerait tout raconter dès le premier.

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En phénothérapie, nous pratiquons une écoute qui prend en compte l’esprit, l’histoire consciente mais aussi le corps, les émotions, l’énergie (si je puis dire sans créer un mystère). Ensemble, nous sommes des détectives ouverts à toutes les pistes amenées, susceptibles d’aider à recomposer l’histoire du patient et à en dégager du sens.

Cette écoute plus vaste agit dans l’unification de l’individu qui parfois peut être éclaté, perdu dans l’incompréhension des différents langages des parties de lui-même. Elle lui permet de retrouver et recoller ses propres morceaux.

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Nous partons toujours de l’instant présent et nous nous laissons guider vers une compréhension plus vaste, vers les liens avec le passé. Ces liens peuvent se faire autant dans les séances qu’entre les séances, du moment où l’individu est engagé, l’inconscient va entrer petit à petit dans une dynamique de collaboration.

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Au delà des contenus livrés en thérapie, il y a aussi beaucoup de vos comportements qui vont se rejouer dans la relation thérapeutique. C’est encore une fois l’inconscient qui se donne les moyens de comprendre et de guérir à travers la répétition. Le thérapeute, en tant dépositaire d’une figure parentale, va aider par sa posture à déjouer ces vieux schémas.

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Points forts : La cohérence, la possibilité d’étaler son histoire dans tous ses aspects, de la regarder sous plusieurs angles. De revivre ses vieux schémas avec le thérapeute et pouvoir les déjouer.

Points faibles : Ou plutôt les points réfractaires pour la plupart des gens : le coût, le doute sur l’efficacité, la peur de la dépendance.

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Chacun de ces points pourrait donner un article mais je vous donne ici l’essentiel.

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Le coût : quand je parle de trouver le rythme le plus soutenant pour la thérapie, c’est en prenant en compte à la fois l’état émotionnel du patient mais aussi les éléments de la vie pratique comme : temps, déplacement, et argent ! L’idéal c’est de rentrer dans un équilibre qui est aussi porteur de guérison. C’est aussi un investissement sur soi-même, ce qui peut renvoyer un message très positif à l’inconscient. Cela motive et mobilise l’individu.

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L’efficacité : avez-vous eu un thérapeute qui a représenté une perte de temps pour vous ? C’est possible. Qu’est-ce que cela vous a apporté ?

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La peur de la dépendance : dans un premier temps il peut y avoir une certaine dépendance. Mais il est bon d’avoir un lieu où vous pouvez régresser, si je puis dire, pour pouvoir rester adulte par ailleurs dans votre vie. C’est aussi ce qui va vous permettre de ne pas être débordé par votre inconscient et vos émotions, car il vont comprendre qu’il y a un temps et un endroit pour eux.

A la longue ils vont entrer dans une dynamique de collaboration où le thérapeute devient un accessoire qui vous aide à nourrir cette dynamique ou à la retrouver si elle est troublée.

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C’est pour la vie ?

Question à 1 million de dollars !!! Ou pour un prochain article !!!

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